Le Caravage, Narcisse (1595)
Deux visions de l’orgueil.
Celle de Marcel Aymé dans La Carte. Portrait de l’occupation et de ses bassesses, La Carte est aussi l’occasion pour Marcel Aymé de faire le portrait sans concession de Jules Flegmon, un écrivain infatué de sa propre importance que les rigueurs du temps vont malmené.
La forme du journal intime donne à Flegmon un rôle d’analyste lucide de la situation extérieure mais sa prétention lui interdit toute clairvoyance quant à la valeur de ses actes et de ses parole.
Celle d’Anton Tchekhov dans Le Voyageur de première Classe. L’ingénieur Krikounov, concepteur de ponts, d’aqueducs, chimiste autodidacte, écrivain scientifique, ne voit reconnaître autour de lui que des chanteuses médiocres, des sportifs, des délinquants au détriment de sa propre gloire.
Mais si Marcel aymé n’a pas un mot pour sauver Jules Flegmon de sa prétentieuse médiocrité, Tchekhov ouvre la petite porte du rire à son ingénieur à la toute fin de la nouvelle. Peut-être Krikounov sauvera-t-il par l’autodérision.
L’ironie est plus douce, le voyageur de 1ère classe n’est pas l’homme assez foncièrement méchant qu’était Flegmon. il est plus ordinaire, plus proche de nous et des petits orgueils qui sont notre lot commun.
Au programme :
Les textes:
- La Carte: Marcel Aymé (1902-1967)
- Nouvelle parue en 1942 dans le journal collaborationniste La Gerbe puis dans le recueil Le Passe-muraille, en 1943
- La passager de première Classe: Anton Tchekhov (1860-1904), nouvelle publiée en 1886 dans la revue littéraire russe Temps nouveaux
Les musiques:
- Générique, J.-S. Bach, Partita pour flûte seule en La Mineur BWV 1013
- La Carte
- L’Attirail, Milkday (2)
- Le Passage de première Classe
- Frederic Chopin, Grande valse brillante en mi bémol majeur, Op. 18
Vous aurez de mes nouvelles
Les 1er et 3ème mercredi du mois, de 22 à 23 heures, en alternance avec L’oreille en coin.
Rediffusion à la fin de la soirée littéraire du jeudi, de minuit à 1h00.















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